Simulateur d'épargne à intérêts composés : capital final et intérêts

Le calcul des intérêts composés répond à une question précise : que valent, au bout de N années, un capital de départ et des versements mensuels dont les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts ? La durée de placement pèse plus que tout autre paramètre sur le résultat.

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Comment le capital final se construit

Le calcul applique d'abord un taux mensuel, déduit du rendement annuel, au capital de départ : celui-ci est multiplié par (1 + i) puissance n, où i est le taux mensuel et n le nombre de mois. Les versements suivent la même logique, mais chacun travaille moins longtemps que le précédent. Un versement fait à la fin du premier mois produit des intérêts pendant tous les mois restants ; celui du dernier mois n'en produit aucun, puisque la simulation s'arrête le jour où il tombe. Additionnés, ces versements forment une suite géométrique, d'où la formule : capital final = capital de départ × (1 + i) puissance n + versement × ((1 + i) puissance n − 1) / i. Le total versé est une simple addition : capital de départ plus versement mensuel multiplié par n. Les intérêts gagnés sont l'écart entre le capital final et ce total. Avec un rendement nul, la division par i devient impossible et le résultat se réduit au total versé.

Ce qui pèse vraiment sur le résultat

Trois leviers jouent, et pas de la même façon. Prenons un exemple de notre cru : 10 000 euros au départ, 200 euros par mois, 3 % par an, 10 ans. On obtient environ 41 400 euros, dont 34 000 versés et près de 7 400 d'intérêts. Les valeurs exactes dépendent de la conversion du taux annuel en taux mensuel, mais l'ordre de grandeur tient.

Passons à 20 ans, sans rien changer d'autre : le capital final dépasse 83 000 euros, soit à peu près le double, alors que le total versé n'a augmenté que de 71 %. Les intérêts, eux, sont multipliés par plus de trois. Voilà l'effet de la capitalisation : il s'accélère avec le temps.

Retour à 10 ans avec 4 % au lieu de 3 % : environ 44 400 euros, soit 3 000 de plus pour un point de rendement. Ce point compte, mais moins que dix années supplémentaires. Quant au versement mensuel, son effet est proportionnel : doubler la somme versée double la part qu'il produit.

L'erreur de lire le capital final comme acquis

L'erreur classique consiste à traiter le capital final comme une somme certaine, exprimée en euros d'aujourd'hui. Il n'en est rien, pour trois raisons.

D'abord, le rendement saisi est une hypothèse constante sur toute la durée ; un placement réel varie d'une année à l'autre, et l'ordre des bonnes et des mauvaises années modifie le résultat. Ensuite, le taux doit être net de frais, faute de quoi le résultat est trop flatteur. Les prélèvements éventuels à la sortie ne sont pas déduits non plus.

Enfin, la hausse des prix érode le pouvoir d'achat. Supposons, pour l'exemple, 2 % d'inflation par an pendant 20 ans : les prix sont multipliés par environ 1,49. Un capital de 83 900 euros n'achète alors que ce qu'achèteraient environ 56 500 euros d'aujourd'hui. L'écart se compte en dizaines de milliers d'euros. Mieux vaut donc tester plusieurs rendements, dont un prudent, et lire le résultat comme une fourchette plutôt que comme une promesse. Ce simulateur fournit une estimation, pas une garantie.

Questions fréquentes

Quelle différence entre intérêts composés et intérêts simples ?

Avec des intérêts simples, seul le capital de départ rapporte : chaque année, le gain est le même. Avec des intérêts composés, les intérêts déjà acquis sont ajoutés au capital et rapportent à leur tour. Le gain croît donc d'une période à l'autre, ce qui explique que l'écart entre les deux méthodes se creuse avec la durée.

Que change un versement en fin de mois plutôt qu'en début de mois ?

Un versement en début de mois travaille un mois de plus qu'un versement en fin de mois. Sur chaque versement, l'écart représente un mois d'intérêts, ce qui est faible. Sur toute la durée, il est cependant réel. Ici, le dernier versement tombe à la toute fin et ne rapporte rien : c'est normal, pas une erreur de calcul.

Quel rendement annuel faut-il saisir ?

Saisissez un rendement net de frais de gestion, plutôt que le taux affiché en publicité. Comme personne ne connaît le rendement futur, faites plusieurs essais : un scénario prudent, un médian, un optimiste. L'écart entre les trois résultats vous montre la marge d'incertitude de votre projection mieux qu'un chiffre unique.

Vaut-il mieux un gros capital de départ ou un versement mensuel plus élevé ?

À somme égale, l'argent placé tôt gagne plus, car il capitalise plus longtemps. Exemple : 12 000 euros placés d'un coup à 3 % pendant 10 ans donnent environ 16 200 euros ; 100 euros par mois sur la même période, soit aussi 12 000 euros versés, donnent environ 14 000 euros. Mais tout le monde n'a pas 12 000 euros d'un coup.